RAVAGE MAGAZINE REVIEW

Babylon's Burning

En 2015, une vague de météores atteint la terre provoquant tremblements de terre, éruptions volcaniques et gigantesques raz de marée tandis qu'une épaisse couche de poussière obscurcit le ciel. Dix ans plus tard, une partie du monde est noyée sous les eaux, engloutissant dans le mÉme temps le principe d'état nation. Les survivants, à peine 5% de la population mondiale avant l'impact, se sont regroupés au sein d'enclaves et luttent durement pour leur conservation. Les plus chanceux bénéficient de la protection des anciennes forces de l'ordre alors que d'autres ont choisi la voie de la violence au sein de gangs des rues alimentés en armes par les anciens syndicats du crime. Les farfouilleurs vivent dans les ruines des cités, survivant grâce au commerce mais devant se méfier des goules, des cannibales dégénérés. Devant ce chaos, certaines unités militaires ont choisi le mercenariat, se faisant employer par tous ceux qui peuvent payer pour les protéger entre autre des fanatiques religieux prêts à évangéliser de gré ou de force.

Pour exploiter ce cadre de jeu riche en conflits potentiels, l'éditeur britannique Hetzerdog publie Babylon's Burning, un jeu d'escarmouche post-apocalyptique sous la forme d'un CD Rom contenant les règles au format pdf, incluant une présentation du cadre de jeu, le système de jeu et les listes d'armées, les gabarits et pions nécessaires ainsi que des feuilles d'armées et des feuilles de références. Côté figurine, le jeu dispose d'une série de figurines 28mm reprenant les différentes factions. La gamme en cours de développement, est de qualité assez moyenne mais les dernières parutions semblent s'améliorer et Hetzerdog invite les joueurs à utiliser les figurines des autres éditeurs pour disposer d'un ensemble plus large de figurines (Street Violence de Wargames Foundry, Guns and Girls d'Amazon Miniatures, Future Wars de Copplestone Casting, Combat Zone de EM4). Un jeu de rôle dans le même univers est en prévision. La présentation de la règle est agréable bien que les illustrations soient plus ou moins réussies et trop hétérogènes pour donner une vraie ambiance au jeu.

BB est donc un jeu d'escarmouche classique mettant en scène des affrontements entre 20 et 30 figurines dans chaque camp. Les troupes sont organisées en unités de base menées par un sous-officier auxquelles viennent s'ajouter des équipes de support avec armes lourdes, des infirmiers, des snipers, des courriers et des officiers pour diriger le tout. Les unités étant plus ou moins expérimentées, elles sont classifiées en bleues, régulières ou vétérans, ce qui influe sur la cohésion, l'efficacité au combat et la capacité à supporter le stress.

Un tour de jeu débute par une phase d'initiative oŁ chaque unité lance 1d6 modifié par différents facteurs tactiques (perte d'un sous-officier, présence d'un officier, expérience, etc.). Une unité qui possède une initiative inférieur à zéro devient indécise et ne joue pas dans ce tour ce qui oblige les joueurs à gérer le plus efficacement possible les officiers présents. Amusant. Les unités disposent de deux actions qu'elles utilisent dans l'ordre de leur initiative mais une unité peut se placer en attente si aucun ennemi n'est en vue. Les tirs sont résolus à l'aide d'un d10 oŁ sur 7+ la cible est touchée à moins qu'elle ne dispose d'une armure ou d'un couvert auquel cas un jet de sauvegarde est tenté. Si ce dernier rate, on lance 3d6 auquel on ajoute la valeur de dommage de l'arme ce qui permet de déterminer la gravité de la blessure (éraflure, blessure légère, grave ou mort). Toutes sortes de modificateurs interviennent dans la résolution du tir, portée, expérience, déplacement de la cible et du tireur, tir en rafale et arrosage de zone ce qui obligent les joueurs à réellement réfléchir sur les actions les plus adaptées qui doivent être entreprises par leurs unités. A propos des armes, on retrouve celles de notre époque sans grande innovation ou fantaisie╩; aucun élément cybernétique et aucun fusil à accélération magnétique ne viennent pimenter le jeu. Pour une fois les auteurs nous gratifient d'une échelle de jeu clairement exprimée (1 cm = 1 m) avec des portées d'armes plus en adéquation avec la réalité que dans d'autres règles╩; par exemple un fusil d'assaut peut porter jusqu'à 5 mètres sur une table de jeu, même si sa portée effective n'est que de 80 cm. Pour gérer le corps à corps chaque figurine engagée lance 1d6 modifiée notamment par l'expérience et la gravité des blessures, la différence entre les résultats donne le nombre de coups portés. Côté morale, les unités prises sous le feu d'armes automatiques peuvent se retrouver à chercher un couvert pour s'abriter. Pour rendre le jeu plus réaliste et si les joueurs sont d'accords, un système d'ordre permet d'assigner des missions spécifiques (défendre, couvrir, avancer, etc.) aux unités. Ce système peut devenir intéressant selon les scénarios mais mon sentiment est qu'il nuit à la souplesse du système.

Le chapitre consacré aux listes d'armées est bien faite avec leur histoire, les troupes, l'armement et l'équipement disponibles ainsi que les notes tactiques. Il est tout à fait possible de concevoir ses propres factions est réutilisant les figurines dont le joueur dispose ce qui est éminemment sympathique. En revanche la présentation des types d'engagements et des conditions de victoire est la partie faible du jeu, de part son classicisme et du peu d'idées de scénarios proposées. De plus l'absence de règles de campagne ou de gestion de sa faction retire une dimension intéressante pour ce type de jeu. Hetzerdog prévoit de sortir un supplément pour jouer les véhicules et présenter les autres forces sévissant en 2025 comme les caravanes marchandes, les marshals de la route (un certain Max ?) ou les nomades et autres survivalistes. Un jeu à découvrir et à suivre.

Pascal Saradjian

Editeur https://www.hetzerdog.com
Distributeur https://www.amazonminiatures.com